Pourquoi se former à l'EMDR dans le champ du bien-être
L'EMDR connaît une notoriété croissante depuis quinze ans, principalement grâce aux retours d'expérience documentés dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique en milieu clinique. Cette notoriété médicale a généré une demande du grand public pour un retraitement émotionnel de situations moins lourdes : souvenirs gênants, peurs situationnelles, croyances limitantes. La FFMBE reconnaît l'EMDR de bien-être comme un accompagnement spécifique sur ces situations non traumatiques, en distinguant clairement le périmètre du soin clinique.
Plusieurs profils s'orientent vers la formation : praticiens en sophrologie, hypnose ou EFT qui souhaitent intégrer un protocole structuré de retraitement émotionnel, accompagnants confirmés du bien-être en quête d'un outil supplémentaire pour les situations émotionnellement chargées, professionnels de santé en perfectionnement.
La spécificité du métier tient à la rigueur protocolaire et au repérage clinique. Le praticien EMDR du bien-être ne se substitue jamais à un psychothérapeute formé : il intervient sur des situations clairement identifiées hors champ traumatique, et oriente sans hésitation vers un professionnel de santé toute situation qui dépasse son périmètre.
Le programme de la formation
Le référentiel fédéral structure la formation autour de plusieurs blocs :
- Fondements et histoire (15h) : élaboration de la méthode par Francine Shapiro, hypothèse du retraitement adaptatif de l'information, état des connaissances scientifiques.
- Les huit phases du protocole standard (40h) : anamnèse, préparation, évaluation, désensibilisation, installation, scan corporel, clôture, réévaluation.
- Techniques de stimulations bilatérales (20h) : mouvements oculaires, tapotements alternés, sons stéréo, choix selon le profil du consultant.
- Psychologie et psychopathologie de base (30h) : repérage du psychotraumatisme constitué, du TSPT, des troubles dissociatifs, des contre-indications absolues.
- Protocoles spécifiques au bien-être (30h) : événements récents non traumatiques, peurs situationnelles, croyances limitantes, anxiété de performance.
- Gestion des phénomènes inattendus (25h) : abréactions émotionnelles, contenus inattendus, résistances, blocages du retraitement.
- Cadre légal et déontologie (10h) : distinction stricte d'avec la psychothérapie clinique, périmètre de la pratique, orientation médicale.
- Supervision individuelle (10h minimum) : accompagnement personnalisé sur six mois minimum après les premiers accompagnements.
L'ensemble représente environ cent quatre-vingts heures, complétées par une supervision continue qui constitue une obligation déontologique fédérale dans les premières années d'exercice.
Modalités pratiques et prérequis
Le référentiel fédéral exige un prérequis clair pour l'admission : avoir déjà suivi une formation longue en accompagnement psycho-corporel (sophrologie, hypnose, EFT certifiée, naturopathie avec module psychologique substantiel) ou disposer d'une formation initiale en psychologie ou en sciences humaines. Cette exigence répond à la nécessité de mobiliser une posture clinique déjà mature avant d'aborder un protocole qui peut mobiliser des contenus émotionnels intenses.
Les organismes proposent un format week-ends mensuels (un par mois) sur douze mois, complétés par une supervision individuelle qui se poursuit après l'obtention du certificat. Le présentiel est central pour l'apprentissage des stimulations bilatérales et la conduite de séance.
Les groupes de formation sont volontairement restreints (huit à quinze stagiaires) en raison de l'exigence pédagogique et de la nécessité d'un suivi individualisé de chaque pratique. Une lettre de motivation détaillée et un entretien préalable conditionnent l'admission.
Compétences acquises et débouchés
À l'issue de la formation, le praticien EMDR du bien-être maîtrise :
- la conduite des huit phases du protocole standard ;
- l'identification des cibles appropriées au champ du bien-être (situations non traumatiques) ;
- la mise en œuvre des stimulations bilatérales adaptées au profil du consultant ;
- la gestion des phénomènes inattendus en séance (abréaction, blocage, résistance) ;
- le repérage rigoureux des situations relevant de la psychothérapie clinique ou de la psychiatrie ;
- l'orientation médicale ou psychothérapeutique en cas de doute ;
- la tenue d'un cabinet libéral dans le respect strict du cadre légal et déontologique.
Le principal débouché est l'exercice en cabinet libéral, le plus souvent en complément d'une autre pratique d'accompagnement (sophrologie, hypnose, EFT). Le tarif d'une séance se situe entre 70 et 130 euros, avec une première séance souvent plus longue et plus chère en raison de l'anamnèse approfondie.
Certification et inscription au Répertoire
La certification finale combine plusieurs épreuves : examen théorique (psychopathologie, protocole, contre-indications, déontologie), élaboration et présentation d'études de cas suivies, mise en situation pratique sous supervision, entretien individuel sur la posture professionnelle et la maturité clinique.
Le certificat de praticien EMDR du bien-être délivré par l'école partenaire FFMBE ouvre l'accès au Répertoire National des Praticiens Certifiés, sous réserve de l'adhésion à la Fédération et de la signature de la charte déontologique spécifique. La supervision continue (généralement individuelle ou en petits groupes) constitue une obligation déontologique fédérale.
La formation continue obligatoire (15h annuelles minimum) inclut idéalement la supervision de pratique, des journées d'études thématiques, des spécialisations (EMDR pour les événements récents, accompagnement des chocs émotionnels du quotidien) et des mises à jour sur l'évolution des connaissances scientifiques.
Financement de la formation
Le coût de la formation EMDR se situe autour de 3 200 euros pour le parcours complet, hors supervision individuelle qui s'ajoute selon les modalités choisies (60 à 100 euros la séance, généralement six à douze séances sur la première année d'exercice).
Plusieurs voies de financement existent : financement personnel, plan de formation employeur, OPCO selon le statut, FIF-PL pour les libéraux installés. Les profils issus de la santé qui se forment à l'EMDR pour intégrer cet outil dans leur pratique peuvent bénéficier de financements spécifiques (DPC pour les médecins notamment).
Après la certification
L'installation demande une communication particulièrement rigoureuse. La FFMBE recommande l'usage du terme « praticien EMDR du bien-être » plutôt que « thérapeute EMDR » qui pourrait prêter à confusion avec les psychothérapeutes formés à l'EMDR clinique. La transparence sur le périmètre exact de la pratique constitue un engagement déontologique fondamental.
Le développement de l'activité passe par l'articulation avec d'autres praticiens (orientations croisées avec sophrologues, hypnopraticiens), la présence dans des annuaires spécialisés, le bouche-à-oreille local. Beaucoup de praticiens EMDR du bien-être proposent l'EMDR en complément d'une autre pratique principale, ce qui élargit le panier moyen par consultant.
La supervision continue, individuelle ou en petits groupes, constitue le socle non négociable du métier dans les premières années. L'EMDR peut faire émerger des contenus émotionnels intenses qui demandent un accompagnement professionnel rigoureux. La FFMBE encourage l'inscription dans des réseaux de supervision dès l'installation.
Le métier de l'EMDR : ce que la formation prépare à exercer
La formation prépare directement à l'exercice du métier de l'EMDR, inscrit au référentiel fédéral. Ce métier se caractérise par une approche spécifique : eye movement desensitization and reprocessing : retraitement des chocs émotionnels. Le public principal accompagné — adultes, adolescents — détermine pour partie les compétences attendues, et le cadre d'exercice habituel s'inscrit dans le contexte cabinet libéral.
Au terme de la formation, le diplômé peut s'installer en libéral, intervenir en institution partenaire ou combiner plusieurs sources d'activité selon ses affinités. La diversification des prestations (consultations individuelles, ateliers de groupe, interventions ponctuelles) constitue souvent un levier de stabilité économique dans les premières années. La Fédération accompagne ses adhérents dans cette phase d'installation par des ressources documentaires, des modèles juridiques et la mise en relation avec un réseau de pairs déjà installés.
Le métier exige une posture professionnelle qui se construit dans la durée. La supervision de pratique, la formation continue obligatoire et l'inscription dans des groupes de pairs nourrissent cette maturation au-delà du diplôme initial. La FFMBE encourage chaque nouveau diplômé à inscrire dès l'installation ces différentes formes de soutien dans son budget annuel et son emploi du temps.
Pourquoi privilégier une formation reconnue par la FFMBE
Le paysage français des formations dans le champ du bien-être est très hétérogène. Coexistent des écoles structurées depuis des décennies, des organismes plus récents en construction, des modules courts vendus en ligne et des parcours improvisés sans cadre pédagogique sérieux. Cette diversité rend difficile l'orientation pour qui envisage de se former et complique également la lisibilité du métier pour le public consultant.
Le label fédéral apporte un repère clair dans ce paysage. Une formation reconnue par la FFMBE respecte un référentiel commun de volume horaire, de contenu pédagogique, de pratique supervisée et de déontologie. Elle prépare directement à l'inscription du diplômé au Répertoire National des Praticiens Certifiés, sous réserve de l'adhésion à la Fédération et de la signature de la charte. Ce double dispositif (formation reconnue + inscription au Répertoire) constitue le socle professionnel offert aux praticiens engagés dans la démarche fédérale.
Pour le futur stagiaire, choisir une formation reconnue FFMBE, c'est aussi rejoindre un réseau de pairs déjà structuré : groupes de supervision, journées d'études, événements professionnels, échanges entre adhérents de différentes disciplines. Cette dimension communautaire prolonge naturellement la formation initiale et soutient la maturation professionnelle dans les premières années d'exercice. Les écoles partenaires, conscientes de l'importance de cette dimension, intègrent généralement dans leurs cursus des temps d'introduction au réseau fédéral.
Le label n'efface pas l'identité propre de chaque école : chacune conserve sa pédagogie, sa coloration et ses spécialités. Il ajoute un cadre commun qui sécurise les fondamentaux : sérieux du contenu, supervision de la pratique, déontologie partagée, ouverture sur un réseau plus large.
Préparer son projet de formation
Avant de s'engager dans une formation longue, plusieurs étapes préparatoires sécurisent le choix. La première consiste à recevoir des séances chez plusieurs praticiens installés, pour éprouver concrètement la discipline du côté du consultant. Cette expérience subjective éclaire l'intuition initiale et révèle parfois des affinités inattendues avec d'autres approches du bien-être.
La deuxième étape consiste à rencontrer plusieurs écoles partenaires lors de journées portes ouvertes ou de conférences de présentation. Au-delà du contenu pédagogique, c'est la qualité humaine de l'équipe enseignante et la cohérence du projet pédagogique qui font la différence entre deux organismes. Une école dont la pédagogie ne résonne pas avec sa propre sensibilité ne sera pas la meilleure école, même si son programme est techniquement excellent.
La troisième étape concerne la dimension économique et organisationnelle. La formation représente un investissement personnel et financier important, qui demande à être anticipé : budget global, étalement éventuel des paiements, articulation avec une activité salariée maintenue, soutien éventuel d'un proche pour les charges familiales. Une projection sur trois ans (durée maximale du cursus le plus long) aide à mesurer la faisabilité concrète du projet.
La FFMBE met à disposition des futurs stagiaires des ressources informatives : présentation des écoles partenaires, fiches détaillées par discipline et par formation, repères sur les financements possibles. Ces ressources s'enrichissent progressivement à mesure que le réseau fédéral se structure.
Écoles qui forment au métier de l'EMDR
Le réseau d'écoles formant à l'EMDR dans le champ du bien-être est limité en France, la majorité des formations EMDR étant historiquement destinées aux psychothérapeutes cliniciens. Le réseau d'écoles partenaires FFMBE pour cette discipline est en cours d'agrément. Les personnes intéressées peuvent suivre cette formation auprès d'organismes externes dont les programmes respectent le référentiel commun, sous réserve de validation par la commission qualité.
Le réseau d'écoles formant à cette discipline est en cours d'agrément par la Fédération.
Questions fréquentes sur la formation
Peut-on se former à l'EMDR sans être psychologue ou médecin ?
Oui, dans le périmètre spécifique du bien-être et sous réserve de respecter le prérequis fédéral : avoir suivi une formation longue préalable en accompagnement psycho-corporel. Le périmètre est clairement distinct de l'EMDR clinique pratiqué par les psychothérapeutes diplômés. La FFMBE forme ses praticiens EMDR du bien-être à orienter systématiquement vers un professionnel de santé toute situation relevant du psychotraumatisme constitué ou des troubles psychiatriques caractérisés.
Quelle différence entre EMDR clinique et EMDR du bien-être ?
L'EMDR clinique est pratiqué par des psychiatres, psychologues cliniciens et psychothérapeutes diplômés pour la prise en charge du trouble de stress post-traumatique et de pathologies psychiques caractérisées. L'EMDR du bien-être, reconnu par la FFMBE, accompagne des situations non traumatiques : souvenirs gênants, peurs situationnelles bénignes, croyances limitantes, anxiété de performance. Les deux périmètres ne se substituent pas l'un à l'autre et le praticien sérieux oriente toujours vers le psychothérapeute clinique en cas de besoin.
L'EMDR est-elle remboursée ?
L'EMDR pratiquée par un médecin ou un psychologue clinicien peut faire l'objet d'un remboursement partiel par l'Assurance Maladie selon le cadre conventionnel et le statut du praticien. L'EMDR du bien-être pratiquée par un praticien certifié FFMBE n'est pas remboursée par l'Assurance Maladie. Certaines mutuelles complémentaires intègrent un forfait médecines douces qui peut couvrir partiellement les séances.
Combien de séances d'EMDR pour une peur identifiée ?
Une peur situationnelle bénigne (peur de l'avion, du dentiste, d'un examen) peut être retraitée en deux à quatre séances. Une peur plus ancienne et plus enracinée demande parfois six à huit séances. Le praticien évalue à chaque rendez-vous l'évolution et propose un terme clair à l'accompagnement. Les peurs liées à un événement traumatique relèvent du périmètre clinique et sont orientées vers un psychothérapeute formé.
L'EMDR peut-elle se faire à distance ?
Oui, la pratique de l'EMDR à distance s'est développée et fait l'objet de protocoles spécifiques (auto-tapotements guidés, animations visuelles). Cette modalité demande une vigilance accrue sur le cadre (intimité, capacité du consultant à gérer une émotion intense seul après la séance) et une sélection rigoureuse des situations adaptées au format à distance. Le présentiel reste recommandé pour les premières séances et les situations délicates.